Frontalier vaudois : avez-vous ouvert la bonne porte au bon moment ?
Cas client – David
Il versait chaque mois sur son PER, sans y penser. On a ouvert les portes une à une.
David travaille à Lausanne depuis 5 ans. Il réside en France, dans l’Ain. 36 ans, marié, deux enfants de 2 et 5 ans. Sa femme a mis sa carrière en pause pour s’occuper des enfants.
Il gagne bien sa vie en CHF. Il épargne. Il a ouvert un Plan d’Épargne Retraite (PER) il y a deux ans, sur les conseils de son banquier, et il y verse automatiquement chaque mois.
Dans la vie de tous les jours, automatiser fait gagner du temps. Ici, nous allons mettre en lumière la réflexion que nous avons menée avec David.
Le point de départLe principe du PER
David a bien compris le principe du PER : les versements viennent en déduction du revenu imposable.
Un exemple pour comprendre : je gagne 100 000 € par an, je verse 10 000 € sur mon PER. Ces 10 000 € ne sont plus imposés cette année. J’économise l’impôt que j’aurais payé dessus, à mon taux marginal. Limpide.
Maintenant, réfléchissons, et laissons les portes s’ouvrir.
Première porteLe taux auquel on déduit
David gagne bien. Mais il a deux enfants à charge, et sa femme n’a pas de revenus. Fiscalement, les enfants apportent un avantage, plafonné mais bien réel : le quotient familial.
Ce mécanisme, que beaucoup sous-estiment, divise le revenu imposable par le nombre de parts fiscales avant d’appliquer le barème. Un couple avec deux enfants dispose de 3 parts. Ce qui semblait être une tranche marginale d’imposition (TMI) à 41 % devient peut-être une TMI à 30 %.
La TMI, c’est le taux le plus élevé auquel le revenu du foyer est imposé. Cela ne signifie pas que tout le revenu est taxé à ce taux.
Et là, la porte s’ouvre doucement.
Si David déduit aujourd’hui à 30 %, et qu’il sort son PER à la retraite à 30 % également, le choix devient beaucoup moins évident qu’il n’y paraît. Le vrai gain viendrait alors surtout du placement des sommes économisées grâce aux versements. C’est réel, mais beaucoup moins scintillant qu’au départ.
Deuxième porteCe qui va changer dans un ou deux ans
Le plus jeune a 2 ans. S’il était gardé par une assistante maternelle, nous aurions un crédit d’impôt pour frais de garde à intégrer. Ici, c’est la femme de David qui le garde.
Dans un an, il entrera à la maternelle. Cela signifiera probablement le retour de son épouse dans la vie professionnelle. Si elle travaille elle aussi dans le canton de Vaud, son salaire sera imposé en France, et s’ajoutera à celui de David.
Sans que le salaire de David ait évolué, la TMI du foyer peut alors passer mécaniquement de 30 % à 41 %.
Et le but de tout salarié est de voir son salaire augmenter. Qu’en sera-t-il dans 10 ans ? À versement égal, l’économie d’impôt sera probablement bien plus forte qu’aujourd’hui.
Troisième porteComparer avec un autre projet
Prenons le parti que la tranche d’imposition sera la même à la retraite.
Une autre réflexion pourrait être d’investir dans l’immobilier locatif. Pas n’importe comment : un achat en direct, à son nom, pourrait déclencher une fiscalité lourde sur les loyers au moment où les deux époux travailleront. D’autres structures existent, mais ce n’est pas le sujet ici.
D’un côté, le PER : une économie d’impôt certaine, mais une épargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf exceptions. De l’autre, un investissement locatif avec un apport limité, qui profite de l’effet de levier du crédit. Et pourquoi pas les deux, en dosant selon les années ?
Une porte volontairement ferméeLe rachat de 2e pilier
À 36 ans, David est a priori trop jeune pour l’envisager. En revanche, vers 55 ans, la question méritera d’être étudiée.
Ce qu’on ne dit pas
On ne dit pas que David a tort d’avoir un PER. On ne dit pas qu’il faut fermer son contrat ou arrêter de verser.
On dit que le PER est un outil de calendrier fiscal, pas un livret qu’on alimente automatiquement. Et que la bonne stratégie pour David aujourd’hui n’est pas la même que dans 10 ans, ni la même que celle de son collègue genevois, ni celle de son voisin qui a repris une activité en France.
C’est à ce moment-là qu’on peut construire quelque chose ensemble : comprendre où vous en êtes, où vous allez, et activer chaque levier au bon moment.
La situation de David vous parle-t-elle ? Avez-vous pensé à ces aspects ?
Chaque situation est différente selon les revenus, la situation familiale, le statut fiscal et les projets de vie. Les prénoms et certains éléments ont été modifiés. Ceci n’est pas un conseil en investissement.